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L'origine phonologique de la dyslexie et ses mirages

Le système géocentrique de Ptolémée

Au moyen-âge, "tout le monde" était persuadé que la terre était au centre de l'univers. Le système géocentrique de Ptolémée a été remis en question par Galilée qui fut attaqué pour cela. Source : wikipedia

Dans le monde de l'apprentissage en général, et de la dyslexie en particulier, il existe un frein majeur à l'évolution des pratiques de correction de la dyslexie. J'ai nommé "l'hypothèse de l'origine phonologique de la dyslexie".

Au moyen-âge, tout le monde savait que le soleil tournait autour de la terre. Il a fallu de longues batailles de la part de savants éclairés tels que Galilée ou Copernic pour que l'on accepte enfin que c'est le contraire. Mais cette bataille, qui peut maintenant faire sourire, n'avait pas autant d'impact sur la vie quotidienne que n'en a aujourd'hui la question de l'origine de la dyslexie. Car pendant que l'on discute, des enfants souffrent à l'école et pendant leurs devoirs à la maison.

Un puissant mécanisme de filtrage

Le problème de n'importe quelle idée préconçue est qu'elle dirige notre attention vers un point précis, en ayant tendance à oublier, à ignorer tout ce qui ne cadre pas avec notre objectif. C'est un fonctionnement tout à fait normal du cerveau humain. Il est à relier à l'instinct du chasseur ou du cueilleur qui écarte toute distraction pour trouver la nourriture pour sa famille.

Mais avec notre attention focalisée ainsi, il nous est facile de ne pas voir le chemin qui part sur le côté, celui qui monte la montagne en pente douce plutôt que d'escalader la paroi rocheuse.

Dans le domaine de la dyslexie et de son hypothèse phonologique, de nombreux experts prétendent que, puisque la dyslexie est une difficulté d'ordre phonologique, il faut faire plus d'exercices phonologiques. Nous allons même jusqu'à faire des scanners de "personnes dyslexiques ayant réussi à lire", nous constatons que les zones du cerveau liées à l'image sont activées bien plus fortement que les zones liées au son, et la conclusion est "il ne faut pas faire d'image" !

Or, qu'est-ce que la lecture, si ce n'est de se faire une image qui corresponde au texte lu ?

Des conséquences

Pas plus tard que ce matin, j'ai reçu un texte d'un enseignant très motivé et très bien intentionné qui montre les mots à préparer avec une couleur par syllabe. L'intention est excellente, mais il est très vraisemblable que le résultat ne soit pas à la hauteur de ses espérances. Pourquoi ? Parce que la dyslexie (au moins certaines dyslexies...) est liée au manque d'image plus qu'au manque de son.

Oui, je sais bien que cela va à l'encontre de "tout ce qui se dit". Quand je fais des conférences, la moitié du public pense "c'est n'importe quoi". Mais l'autre moitié me dit "c'est exactement ça!"

Mais d'autres solutions existent

L'intuition et les expériences de Ron Davis dans les années 1980 ont conduit à une nouvelle manière de comprendre la dyslexie et d'y porter remède. En effet, quelle est l'utilité du déchiffrage ? Simplement de pouvoir trouver la prononciation d'un mot écrit. Si ce mot est déjà porteur de sens à l'oral, alors tout va bien et le lecteur va pouvoir faire du sens avec la phrase qu'il lit.

Mais si ce mot n'est pas assez concret, voire inconnu, ce n'est pas en sachant le prononcer que l'on va comprendre. Et c'est là aussi une grande illusion de se réjouir d'un enfant qui "sait lire" un texte, mais qui n'a rien compris à sa signification.

Ron Davis a inventé "la maîtrise des symboles Davis®" avec un double objectif : ne pas avoir besoin de déchiffrer, ce qui est souvent un parcours du combattant pour le penseur en image, et savoir maîtriser le mot et donc comprendre ce que l'on lit.

Cela fait partir intégrante du programme des stages.

Alors, changeons de point de vue... au moins le temps d'essayer autre chose...

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